Qualiopi : ce que votre site doit afficher (et ce qui change au 1er novembre 2026)
Tarifs, délais d'accès, taux de résultats, accessibilité handicap : ce que le critère 1 de Qualiopi attend réellement de votre site — et les nouvelles exigences du référentiel applicable au 1er novembre 2026.
Un organisme de formation de l’Eurométropole m’a écrit en juin, deux semaines après son audit de surveillance. Verdict : une non-conformité sur l’indicateur 1. Rien à voir avec sa pédagogie, rien à voir avec ses formateurs. Ses tarifs n’étaient publiés nulle part, et trois de ses fiches formation dataient encore de 2024.
C’est presque toujours là que ça coince. Qualiopi n’audite pas votre site, elle audite vos processus — mais le critère 1 porte sur l’information que vous diffusez au public, et cette information vit, dans 90 % des cas, sur votre site. Alors autant qu’il fasse le travail. D’autant qu’un nouveau référentiel entre en vigueur le 1er novembre 2026, et qu’il durcit précisément ce chapitre-là.
D’abord, ce qu’un site ne fera jamais pour vous
Autant l’écrire tout de suite, parce que je vois passer des arguments commerciaux qui frôlent le mensonge : aucun prestataire web ne délivre Qualiopi, et aucun site ne rend un organisme conforme. La certification est prononcée après un audit mené par un organisme certificateur accrédité, sur la base de vos procédures réelles. Un beau site ne compense pas un processus absent.
Ce qui est vrai, en revanche, c’est que la certification est obligatoire depuis le 1er janvier 2022 pour tout organisme qui veut accéder à des fonds publics ou mutualisés — opérateurs de compétences, État, régions, Caisse des dépôts, France Travail, Agefiph. Sans elle, pas de financement. Et que le certificat vaut trois ans, avec un audit de surveillance entre le 14e et le 28e mois : votre site n’est donc pas contrôlé une fois, il l’est plusieurs fois, à des moments que vous ne choisissez pas.
Autrement dit, le site n’est pas le sujet de l’audit. Il en est la pièce à conviction la plus facile à consulter — y compris par l’auditeur, avant même d’arriver chez vous.
Le critère 1 vit sur votre site
Le référentiel national qualité s’organise en 7 critères. Le premier s’appelle « l’information du public », et il se décline en trois indicateurs qui vous concernent directement.
L’indicateur 1 demande une information « accessible au public, détaillée et vérifiable » sur les prestations proposées. Dans le détail, cela couvre : les prérequis, les objectifs, la durée, les modalités et délais d’accès, les tarifs, les contacts, les méthodes mobilisées et les modalités d’évaluation, et l’accessibilité aux personnes en situation de handicap. Ce n’est pas une plaquette de présentation, c’est une fiche par prestation.
L’indicateur 2 demande la diffusion d’indicateurs de résultats adaptés à vos prestations et à vos publics — taux de satisfaction, de réussite, d’abandon, d’insertion selon les cas.
L’indicateur 3, pour les formations menant à une certification, ajoute les taux d’obtention, les blocs de compétences, les équivalences, passerelles, suites de parcours et débouchés.
Trois indicateurs, une seule conséquence pratique : une page par formation, tenue à jour, avec les mêmes rubriques partout. C’est exactement le contraire du catalogue PDF qu’on télécharge — et c’est aussi ce qui vous fait sortir sur Google, formation par formation, comme je le détaille dans le site d’un organisme de formation.
Ce qui change au 1er novembre 2026
Le décret n° 2026-728 du 1er août 2026 actualise le référentiel national qualité. Il entre en vigueur le 1er novembre 2026 et s’applique aux audits — initiaux, de surveillance et de renouvellement — conduits à partir de cette date. Le référentiel actuel court jusqu’au 31 octobre.
Ce qui bouge : les 7 critères ne changent pas, mais on passe de 32 à 33 indicateurs, une douzaine d’indicateurs sont réécrits, et le 33e est propre aux centres de formation d’apprentis. Au passage, la mise en place de procédures contre les violences, le harcèlement et les discriminations devient obligatoire, et le suivi effectif des formations à distance est renforcé.
Côté site, trois évolutions méritent votre attention :
- L’information doit être vérifiable. Le mot est dans le texte. Un chiffre affiché doit pouvoir être justifié. Les formules décoratives type « des milliers de stagiaires satisfaits » n’ont plus leur place.
- Fini les mentions trompeuses sur le financement et les débouchés. C’est la nouveauté la plus concrète pour un site commercial : la fameuse bannière « formation 100 % financée » ou la promesse implicite d’un emploi à la sortie deviennent un risque direct.
- Les modalités de calcul des taux doivent être transparentes. Afficher « 98 % de satisfaction » ne suffit plus : sur quelle période, sur combien de répondants, calculé comment.
Si votre site date de deux ans et affiche encore des taux sans méthode, vous avez jusqu’à fin octobre pour faire le ménage. C’est peu, et c’est justement pour ça que je choisis de publier cet article maintenant plutôt qu’en novembre.
La traduction concrète, ligne par ligne
| Ce que le référentiel attend | Où ça vit sur le site |
|---|---|
| Prérequis, objectifs, durée, méthodes, évaluation | Une fiche par formation, même gabarit partout |
| Tarifs | Sur la fiche formation, pas « sur demande » |
| Modalités et délais d’accès | Une ligne explicite : délai entre la demande et l’entrée en formation |
| Accessibilité handicap | Une page dédiée + le contact du référent handicap |
| Indicateurs de résultats | Une page « nos résultats », datée, avec la méthode de calcul |
| Taux d’obtention, passerelles, débouchés | Sur la fiche des formations certifiantes |
| Règlement intérieur, CGV, conditions | Pages sobres, accessibles depuis le pied de page |
| Numéro et logo de certification | Une fois obtenus — jamais avant |
Rien là-dedans ne coûte cher à produire. Ce qui coûte, c’est de le faire deux fois : une première version bâclée avant l’audit, puis une reprise dans l’urgence après une non-conformité.
Les quatre pièges qu’on voit le plus souvent
Le catalogue en PDF. Il rassure le formateur — tout est dedans — et il pénalise tout le reste : illisible sur mobile, invisible pour Google, jamais à jour, et impossible à vérifier rubrique par rubrique pour un auditeur pressé.
Le taux sans méthode. « 96 % de satisfaction » en gros dans le bandeau d’accueil, sans date, sans effectif, sans mode de calcul. Hier c’était mou, à partir de novembre c’est attaquable.
La promesse de financement. « Formation prise en charge à 100 % » écrit comme une certitude alors que ça dépend du dispositif, du statut du stagiaire et de l’accord du financeur. La bonne formulation existe : dire quels dispositifs sont mobilisables, et renvoyer à un échange pour le cas précis.
L’accessibilité expédiée en une phrase. « Nos locaux sont accessibles » ne dit rien des adaptations pédagogiques ni de qui contacter. Un nom, un email, un téléphone : c’est le minimum, et c’est ce que l’auditeur cherche.
Position assumée, et deux questions ouvertes
Position assumée : pour un organisme de formation, le site n’est pas un outil de communication avec un chapitre conformité en annexe. C’est l’inverse — c’est le support de preuve du critère 1, sur lequel on greffe de la vente. Quand on le construit dans cet ordre, la mise à jour avant audit prend une heure au lieu d’un week-end. On peut se tromper : certains organismes vivent très bien avec un site vitrine minimal et un extranet où tout est rangé.
Deux questions que je n’ai pas tranchées, honnêtement. Faut-il publier ses tarifs quand on fait surtout de l’intra-entreprise sur devis ? Le référentiel demande les tarifs ; l’usage du marché, lui, pousse à afficher au moins une base ou une fourchette avec la méthode de calcul. Et jusqu’où afficher ses résultats quand ils sont moyens ? Publier un taux d’insertion tiède est inconfortable, mais un taux absent se remarque autant — et se défend moins bien.
Ce que ça coûte, dit franchement
On construit ces sites, donc le biais est déclaré. Chez Darkin Production, c’est un paiement unique, sans abonnement : 990 € l’Essentiel, 1 990 € le Signature — le plus choisi pour un catalogue de formations, avec rédaction et quatre mois de suivi —, 2 990 € le Premium. Livré en 14 jours, hébergement gratuit, et vous êtes propriétaire du site. Le détail est public sur la page tarifs.
Ce qui fait vraiment monter la facture d’un site d’organisme de formation, ce n’est ni le design ni la technique : c’est le nombre de fiches formation à écrire proprement. Dix formations bien rédigées, c’est dix pages qui travaillent pour vous sur Google et dix preuves prêtes pour l’audit. Pour situer les ordres de grandeur du marché, j’ai détaillé les vrais prix dans le prix d’un site internet à Strasbourg.
Questions fréquentes
Un site internet est-il obligatoire pour être certifié Qualiopi ? Non. Le référentiel exige que l’information soit diffusée et accessible au public, sans imposer le support : un site, des fiches téléchargeables, une plaquette, un portail partenaire peuvent convenir. Dans les faits, le site reste le moyen le plus simple de tenir cette information à jour et de la rendre vérifiable à tout moment.
Que se passe-t-il si mon site n’est pas à jour le jour de l’audit ? L’écart est relevé comme non-conformité sur le critère concerné. Selon sa gravité, il faut fournir un plan d’action et des preuves correctives dans un délai fixé par le certificateur. Ce n’est pas dramatique, mais c’est du temps perdu et un stress évitable — la plupart de ces écarts portent sur des tarifs, des délais d’accès ou des taux qui manquent.
Dois-je refaire mon site avant le 1er novembre 2026 ? Pas nécessairement le refaire : le mettre à jour. Reprenez vos fiches formation, ajoutez les délais d’accès et les tarifs manquants, datez vos taux et expliquez leur mode de calcul, retirez les promesses de financement écrites comme des garanties. Une refonte complète ne se justifie que si le site rend ces mises à jour pénibles.
Puis-je afficher le logo Qualiopi sur mon site ? Oui, une fois la certification obtenue, en respectant les règles d’usage de la marque et en indiquant les catégories d’actions concernées. Avant obtention, c’est à proscrire : c’est exactement le type de mention trompeuse que le nouveau référentiel vise.
En résumé
Qualiopi ne juge pas votre site, mais elle lit ce qu’il dit. Le critère 1 demande une information détaillée, à jour et vérifiable — une fiche par formation, des tarifs, des délais d’accès, une accessibilité handicap incarnée par un contact, et des résultats dont on assume la méthode de calcul. Au 1er novembre 2026, l’exigence se resserre sur trois points : vérifiabilité, transparence des taux, et fin des promesses floues sur le financement et les débouchés.
La conformité restera votre affaire et celle de votre certificateur. Mais un site pensé dans le bon ordre transforme un chantier de conformité en simple routine de mise à jour — et, accessoirement, vous fait trouver par des stagiaires qui ne connaissent pas encore votre nom.
Si vous voulez qu’on regarde votre site actuel à travers cette grille, formation par formation, on le fait gratuitement et sans engagement.
Demander un audit gratuit de mon site de formation →
Pour aller plus loin : ce qu’on fait pour les organismes de formation, ce que doit vraiment faire un site d’organisme de formation et nos tarifs sans abonnement.